Financer une voiture d'occasion en Belgique coûte entre 4,95 % et 7,89 % de TAEG selon le prêteur et l'âge du véhicule. Voici les taux relevés directement chez les prêteurs, la date de chaque relevé, et ce que l'écart représente en euros.
Les taux relevés chez les prêteurs belges
Chaque taux provient de l'exemple représentatif légal ou du simulateur public du prêteur, relevé le 9 août 2026. Ce sont des taux « à partir de » : celui qui vous sera proposé dépend de votre dossier.
| Prêteur | TAEG à partir de | Condition | En vigueur depuis |
|---|---|---|---|
| Beobank | 4,95 % | occasion | 12/06/2026 |
| Creditpolis | 4,95 % | courtier, offre mobilité | — |
| Argenta | 5,19 % | occasion | — |
| Cofidis | 7,90 % | occasion | 24/11/2025 |
| Cetelem | 6,89 % | occasion de moins de 3 ans | — |
| Cetelem | 7,89 % | occasion de plus de 3 ans | — |
L'âge du véhicule change le taux, et voici de combien
C'est la règle la moins expliquée du crédit auto belge : plusieurs prêteurs facturent plus cher une voiture ancienne, parce que sa valeur de revente couvre moins bien le risque en cas de défaut.
Cetelem l'affiche noir sur blanc : 6,89 % en dessous de trois ans d'âge, 7,89 % au-delà. Un point exactement.
Sur un crédit de 15 000 € remboursé en 54 mois, cela donne :
| Âge du véhicule | TAEG | Mensualité | Total remboursé |
|---|---|---|---|
| Moins de 3 ans | 6,89 % | 322,39 € | 17 409,06 € |
| Plus de 3 ans | 7,89 % | 328,98 € | 17 764,89 € |
Trois ans d'âge de plus coûtent 355,83 € sur ce même crédit. La mensualité du premier cas est celle que Cetelem publie dans son exemple légal ; la seconde est calculée en actualisant le flux de mensualités au TAEG annoncé, méthode vérifiée en reproduisant à l'identique l'exemple du prêteur.
Ce que coûte réellement le crédit
Comparer des TAEG ne suffit pas : la durée pèse autant que le taux. Deux offres relevées le montrent.
| Prêteur | Montant | Durée | TAEG | Mensualité | Intérêts payés |
|---|---|---|---|---|---|
| Beobank | 15 000 € | 60 mois | 4,95 % | 281,97 € | 1 918,20 € |
| Cetelem | 15 000 € | 54 mois | 6,89 % | 322,39 € | 2 409,06 € |
L'offre Beobank coûte 490,86 € de moins, alors même qu'elle s'étale sur six mois de plus. Un crédit plus long au bon taux revient moins cher qu'un crédit court au mauvais taux — l'inverse de l'intuition courante.
Occasion, neuve ou électrique : l'écart réel
Le même prêteur ne facture pas le même taux selon le véhicule. Chez Beobank, relevé le 29/06/2026 :
| Véhicule | TAEG à partir de |
|---|---|
| Électrique | 3,75 % |
| Neuf | 3,95 % |
| Occasion | 4,95 % |
Un point d'écart entre le neuf et l'occasion, 1,2 point entre l'électrique et l'occasion. Si votre choix hésite entre une occasion récente et un véhicule neuf d'entrée de gamme, le coût du crédit fait partie de l'arbitrage — et il joue en faveur du neuf plus souvent qu'on ne le croit.
Chez Cetelem, sur 15 000 € en 54 mois, la voiture neuve revient à 17 267,04 € contre 17 409,06 € pour une occasion de moins de trois ans : 142,02 € d'écart seulement. L'écart se creuse au-delà de trois ans d'âge, où il atteint 497,85 €.
Le crédit du concessionnaire n'est pas toujours le moins cher
Le vendeur propose presque toujours un financement. C'est pratique, et parfois compétitif quand le constructeur subventionne une opération. Mais trois points méritent votre attention :
- Le taux affiché en vitrine est un taux d'appel, conditionné à un apport, à une durée courte ou à une reprise. Votre dossier peut ne pas y donner droit.
- La remise sur le prix et le taux se négocient ensemble. Un « 0 % » accepté contre l'abandon d'une remise de 1 500 € n'est pas gratuit.
- Vous n'êtes jamais obligé de financer chez le vendeur. Une offre bancaire obtenue avant la visite vous donne un point de comparaison, et un moyen de pression.
Acheter à un particulier change le crédit, et le taux
C'est le piège le plus fréquent, et le moins signalé. La plupart des prêts auto belges exigent une facture ou un bon de commande au nom d'un vendeur professionnel : le prêteur verse les fonds directement au garage et conserve ainsi la trace de ce qu'il finance.
Un particulier n'émet ni facture ni bon de commande. Résultat : beaucoup de dossiers d'occasion entre particuliers sont refusés au taux « auto » et basculent sur un prêt personnel, dont le TAEG démarre plus haut — au-delà de 7 % chez les prêteurs relevés ici, contre 4,95 % pour un prêt auto.
Deux moyens de limiter l'écart :
- Demandez au prêteur ce qu'il accepte avant de vous décider sur le véhicule. Certains se contentent d'un compromis de vente signé accompagné du certificat d'immatriculation ; d'autres non. La réponse change le coût de votre financement de plusieurs centaines d'euros.
- Comparez le prêt personnel au prêt auto sur le total à rembourser, pas sur le taux. Une occasion payée 2 000 € de moins chez un particulier peut rester avantageuse malgré un crédit plus cher.
Le crédit affecté vous protège si la vente échoue
Lorsque le contrat de crédit mentionne le véhicule financé, on parle de crédit affecté. Cette mention, souvent perçue comme une formalité administrative, vous donne une protection concrète : vos obligations d'emprunteur sont liées au sort de la vente.
Si le véhicule n'est jamais livré, si la vente est annulée ou si le vendeur fait faillite avant la livraison, vous n'êtes pas tenu de rembourser un crédit dont vous n'avez rien reçu. Sans cette mention, le crédit vit sa vie indépendamment de l'achat : vous remboursez, quoi qu'il advienne du véhicule.
Vos protections légales
Un prêt voiture est un crédit à la consommation, encadré par le livre VII du Code de droit économique. Trois protections s'appliquent quel que soit le prêteur :
- Quatorze jours pour renoncer, sans motif ni indemnité, à compter de la signature du contrat.
- Un remboursement anticipé toujours possible, avec une indemnité plafonnée par la loi.
- Une consultation obligatoire de la Centrale des crédits aux particuliers de la Banque nationale avant l'octroi : un prêteur qui ne vérifie pas votre situation manque à ses obligations.


