Un divorce ne libère personne de son crédit hypothécaire. Le jugement règle vos rapports entre vous ; il n'engage pas la banque, qui continue de pouvoir réclamer la totalité de la mensualité à chacun des deux emprunteurs. Voici les trois issues possibles, ce que coûte chacune, et l'étape que beaucoup découvrent trop tard.
Les trois issues possibles
| Ce qui se passe | Le crédit | Coût principal | |
|---|---|---|---|
| Vendre | Le bien est vendu, le crédit remboursé par anticipation | Soldé | Indemnité de remploi : 3 mois d'intérêts |
| Rester en indivision | Vous restez copropriétaires | Inchangé, solidarité maintenue | Aucun, mais le risque demeure |
| L'un rachète la part de l'autre | Rachat de soulte et désolidarisation | Repris par un seul | Soulte + droit de partage + frais d'acte |
La deuxième option est la plus fréquente dans les faits — et la plus risquée. Rester copropriétaires sans rien formaliser laisse les deux noms sur le crédit, et donc les deux exposés.
La désolidarisation : l'accord que la banque doit donner
C'est l'étape décisive, et la seule que vous ne maîtrisez pas. La désolidarisation est l'acte par lequel la banque accepte de libérer l'un des deux emprunteurs. Elle n'est jamais automatique.
La banque réexamine le dossier comme une nouvelle demande : celui qui reste doit démontrer qu'il supporte seul la mensualité. Si ses revenus ne suffisent pas, la désolidarisation est refusée — et il ne reste que la vente, ou l'entrée d'un nouveau co-emprunteur.
Calculer la soulte
La soulte est la somme versée à celui qui part, pour racheter sa part. Elle se calcule sur la valeur nette du bien, pas sur son prix de vente.
Celui qui garde la maison doit donc financer 85 000 € — le plus souvent en reprenant le crédit existant et en l'augmentant, ce qui suppose une nouvelle analyse de sa capacité d'emprunt.
La répartition n'est 50/50 que si les quotités d'achat l'étaient. Si l'un a apporté davantage de fonds propres, ou remboursé seul pendant une période, le partage se corrige — c'est le notaire qui l'établit.
Le droit de partage : 1 %, et c'est une bonne nouvelle en 2026
Sortir d'une indivision est un acte taxé. Le droit de partage se calcule sur la valeur totale du bien, pas sur la seule part rachetée — c'est l'erreur de calcul la plus courante.
| Région | Sortie d'indivision ordinaire | Divorce ou fin de cohabitation légale |
|---|---|---|
| Bruxelles | 1 % | 1 % |
| Flandre | 2,5 % | 1 % |
| Wallonie | 3 % depuis 2026 | 1 % |
La Wallonie a relevé son droit de partage de 1 % à 3 % en 2026, pour l'aligner sur les droits d'enregistrement ramenés à 3 %. Le taux réduit de 1 % reste toutefois acquis en cas de divorce ou de fin de cohabitation légale.
Sur notre exemple, à 350 000 € de valeur, le droit de partage s'élève donc à 3 500 € — auxquels s'ajoutent les honoraires du notaire et les frais d'acte.
Si vous vendez : ce que coûte le remboursement anticipé
En crédit hypothécaire belge, l'indemnité de remploi est plafonnée à trois mois d'intérêts sur le capital remboursé — pas trois mensualités, ce qui est très différent.
Sur un capital restant dû de 180 000 € à 3,20 %, l'indemnité s'élève à 1 440 €. Pour ce même crédit, sur vingt ans restants, la mensualité est de 1 016 € — trois mensualités représenteraient donc 3 049 €. La confusion entre les deux formules conduit à surestimer le coût de la vente de plus du double.
Questions fréquentes
Mon ex-conjoint ne paie plus sa part : que se passe-t-il ?
La banque peut réclamer l'intégralité de la mensualité à l'un ou à l'autre, indifféremment. Si le crédit reste impayé, les deux noms sont enregistrés à la Centrale des crédits aux particuliers — y compris celui qui a quitté le logement. C'est la raison pour laquelle la désolidarisation ne doit pas attendre.
Peut-on garder le crédit à deux après le divorce ?
Oui, rien ne l'interdit. Mais la solidarité subsiste intégralement, et chacun voit sa capacité d'emprunt future amputée par un crédit qu'il ne rembourse peut-être plus. C'est une solution d'attente, pas une solution.
Le jugement de divorce suffit-il à me libérer du crédit ?
Non. Le jugement règle les rapports entre les ex-époux : il peut condamner l'un à supporter le crédit, mais il n'est pas opposable à la banque. Seule la désolidarisation, acceptée par la banque, vous libère à son égard.
Faut-il repasser chez le notaire ?
Oui, dès lors qu'un bien immobilier change de mains. L'acte de partage est un acte notarié, qui déclenche le droit de partage et les frais d'acte.


